Suite de mes notes à propos de "Finding Forrester".
"Il existe ce que l'on appelle l'attitude pendant l'orage. Quand on est pris sous une averse soudaine, on peut, soit courir le plus vite possible, soit s'élancer pour s'abriter sous les avancées des toits des maisons qui bordent le chemin. De toutes façons on sera mouillé.
Si on se préparait auparavant mentalement, à l'idée d'être trempé, on serait en fin de compte fort peut contrarié à l'arrivée de la pluie.On peut appliquer ce principe avec profit dans toutes les situations." "Hagakure"
C'est au détour de "Finding Forrester", en arrière-plan, discrètement, au cours de ce qui n'est qu'un banal plan de jonction entre deux lieux familiers de Jamal (l'appartement de Forrester et le gymnase), que brûle le feu dans le film de Gus Van Sant. L'apparente banalité du lieu filmique où réside le foyer de ce feu, ce plan devant lequel on se dit après coup que l'on aurait sans doute pu passer à côté, tel Jamal qui déambule dans la rue sans se préoccuper de la voiture qui brûle non loin de lui et que nous, spectateurs, apercevons seulement en arrière-plan, révèle la quotidienneté de cet évènement fumigène.
Une voiture brûle, la nuit, dans le Bronx mais le cinéaste passe, laisse glisser son travelling dans la foulée de Jamal. Il ne cherche pas à retenir l'attention sur cet évènement mais suggérer plutôt très simplement la banalité de celui-ci en le reléguant en second plan. Nul premier plan ici pour le feu, contrairement aux films évoqués récemment dans ce que l'on pourrait appeler notre généalogie du feu chez Gus Van Sant. Le cinéaste veut aller ailleurs, plus loin, et pour ce faire doit suivre le jeune homme plutôt que de rester près de ce triste feu dont personne ne parait faire cas. L'arrivée d'une voiture de police par la gauche du plan roulant à faible vitesse et qui passe à côté de Jamal tous gyrophares allumés va susciter un bref ralenti de la part de GVS qui dilate ainsi dans le temps le comportement de Jamal au passage de la voiture de patrouille - pour les spectateurs, des deux voitures même, car c'est au moment précis où les policiers atteignent le garçon que nous apparaît précisément la voiture en feu sur la droite, dont nous ne percevions jusqu'alors que la fumée. En évitant tout contre-champ conventionnel sur le comportement des policiers (Jamal soutient-il un regard accusateur ou une provocation de leur part se situant dans le hors champ ?), en se polarisant sur le comportement de Jamal, GVS ne brise, ne brûle, pas seulement une règle hollywoodienne, il retourne surtout en menace permanente la présence policière toujours là quelque part, slow mo', hors champ, risquant de faire basculer le destin du personnage.
Mais la séquence n'est pas tout à fait terminée. S'il on parle beaucoup de feu à propos des derniers films du réalisateur, celui-ci est rarement séparable de l'eau. Jamal continue de marcher sur le bitume tandis que se met à tomber une averse, le garçon ne change pas le rythme de sa marche, il ne semble guère plus s'en préoccuper que le feu précédent, tout juste rabat-il sa capuche sur sa tête. On se souvient que dans "Taxi Driver", la dérive fascisante de Travis Bickle le conduisait à attendre une pluie sacrée nettoyant les rues new-yorkaises de tous ses délinquants. Ici, la pluie de GVS n'est pas une pluie qui nettoie en charriant dans les caniveaux de la ville la délinquance ou les actes qui en émanent jusqu'aux égouts. La pluie éteint certes naturellement le feu causé par quelques pyromanes, mais elle tombe surtout sur Jamal telle maintes regards de la société qu'il rencontre sur son chemin, ces regards qu'il connaître trop bien et que certains personnages du film lui lancent parfois avec l'intention de le couler."Souviens-toi que les professeurs amèrement désappointés sont soit très efficaces, soit très dangereux" William Forester à Jamal
12 commentaires:
Tout ça c'était uniquement un effet d'annonce pour qu'on vienne sur ton blog, pas vrai ?
Je rigole. Je voulais écrire "il m'est arrivé pareil" à la suite de ton texte sur Benjamin et les étudiants, mais apparemment on ne peut pas laisser de comments sur l'autre blog.
J'ai rien à dire, sinon, désolé (...)
BC
Bonsoir balthazar,
"J'ai rien à dire, sinon, désolé (...)"
Qu'ajouter à cela ? ;-)
JM
Hello, JM ; je viens de voir ce film, grâce à toi ; œuvre forte, qui bouleverse mon côté Salinger ; un seul reproche : le texte de Jamal lu par Forrester aurait du immanquablement s’achever sur ces mots de Cicéron.
« Car celui qui a devant les yeux un ami véritable a devant soi comme sa propre image idéale. Dès lors les absents deviennent présents, les pauvres riches, les faibles forts et, ce qui est plus difficile à dire, les morts sont vivants ; tant ils inspirent d'estime, de souvenirs, de regrets à leurs amis. Ainsi les uns semblent avoir trouvé le bonheur dans la mort et les autres dans une vie digne d'éloges »
Salut, on s'est pas beaucoup parlé je crois, mais je t'ai beaucoup lu. C'est con, je pourrais plus... Voila, domage. Et j'en profite pour faire mon premier tour sur ton blog...
Hello tous, merci beaucoup pour vos mots.
Nous continuons à dialoguer, chacun où bon lui semble. J'ai seulement pris la décision de quitter le "grand dortoir" du forum des CDC pour rentrer "chez moi". ;-)
Borges, je n'ai pas vu tant de liens que ça entre "The Catcher In The Rye" (qui est le seul texte de Salinger que j'ai lu, grâce à toi, et Fontaine) et le film. Les personnages des deux adolescents sont très différents et la narration n'a surtout pas lieu suivant le point de vue du jeune homme, contrairement au livre. Le film de GVS est proche de Salinger dans ce qu'il fait un portrait de Forrester proche de Salinger l'écrivain ?
Un personnage intéressant, c'est le copain de Jamal qui essuie toujours les moqueries des autres lorsqu'ils sont en bande. La manière dont GVS le met en scène est bien dans l'esprit du film : tout en discrétion.
à bientôt.
JM
Hello JM
Un presque premier jet.
Plusieurs choses me font penser à Salinger, sentir sa présence-absence, son spectre, comme tu dirais ; la plus évidente : l’image (mythique) de l’écrivain qui cesse de publier, après un roman absolu, et quelques nouvelles ; continuant à écrire, invisible au monde, mais sans plus rien publier…
On ne sait pas pourquoi Salinger a tout arrêté ; démon de l’impuissance, dépression monstrueuse, envie de mettre fin aux malentendus « nécessaires » entre l’artiste, l’œuvre et le monde ? Dans le film, ce n’est pas simple non plus ; il y a le traumatisme de la mort du frère ; mais est-ce suffisant ?
Chez GVS, ce thème de l’artiste en panne, abandonné par le désir de faire œuvre, confronté à l’absence d’œuvre, et au refus du monde, on le retrouvera naturellement dans « Last Days ». « FF » est plus lumineux, moins fermé ; tout le film pourrait être lu comme le récit d’une venue à la lumière, l’histoire d’une naissance, d’une double naissance même ; la superbe balade à vélo.
Da-sein : ouverture au monde.
L’événement de Jamal dans la vie de Forrester permet de relancer le désir ; il met fin à la malédiction. Jamal est le bon oiseau, l’anti raven qui libère la psyché d’une temporalité figé, close, sans ouverture : il annule le « nevermore ».
Dans «Last Days », ni la femme, ni l’enfant ou les copains, pas plus que l’admiration, ne mettent fin à la réclusion ; aucun désir pédagogique, de formation, non plus ; la sortie se fera dans la mort, avec le dédoublement de l’âme et du corps ; dans « Finding Forrester », il y a une double continuité, par delà la mort, celle de la mémoire, de la filiation spirituelle, de l’amitié, mais aussi une survie spectrale, comme le laisse suggérer l’image finale de la fenêtre ouverte.
Fenêtre sur l’âme.
(En passant, j’y pense ; on pourrait greffer l’idée de la fenêtre, mais aussi de la porte, schématiquement, sans passer par Deleuze, sur la théorie de la monade ; pour Leibniz l’univers est composé de monades, uniques, singulières, en nombre infinie ; chaque monade exprime le monde de son point de vue, ou plutôt est une expression du monde ; entre les monades pas d’action possible, aucune n’agit sur une autre, ne peut agir sur l’autre ; les monades sont fermées, closes, rien ne peut leur venir du dehors (harmonie préétablie) ; elles n’ont besoin de rien, ayant tout au-dedans ; la monade dit Leibniz est une pièce « sans fenêtre ni porte » ; GVS semble renverser cette idée ; à l’idée de la monade «sans porte ni fenêtre », il substitue la nécessité d’un dehors, d’une venue, d’une rencontre ; Forrester seul ne peut se libérer par lui-même, échapper à la malédiction ; il ne revient à lui-même, au monde, à la création, il n’échappe à la temporalité du traumatisme, du « nevermore », qu’en ouvrant sa porte, et sa fenêtre ; c’est du dehors que vient la liberté, de la rencontre, de la venue de l’autre.
« 7. (…) Les Monades n'ont point de fenêtres par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir. »
(Leibniz, Monadologie)
On pourrait se donner beaucoup à penser en griffant cette question du point de vue sur la pensée de Leibniz, le premier à avoir clairement énoncé l’idée d’un perspectivisme.
La célèbre image de la ville.
« 57. Et comme une même ville regardée de différents côtés paraît tout autre et est comme multipliée perspectivement, il arrive de même que par la multitude infinie des substances simples, il y a comme autant de différents univers qui ne sont pourtant que les perspectives d'un seul selon les différents points de vue de chaque monade. »
(Leibniz, Monadologie)
On peut distinguer deux mondes dans le film ; le monde de l’action matérielle, physique, où les corps agissent les uns sur les autres, se bloquent, s’empêchent, rusent, attaquent et défendent, le basket, et, un autre monde, l’écriture, la création, comme expression d’une réalité moins matérielle.
Des deux côtés, il faut le travail, l’entraînement ; du « coaching », mais ce sont des choses bien différentes ; deux relations aux corps, à l’âme, à l’espace, au temps, corps en mouvement, mais aussi affrontant d’autres corps, et corps avant tout au repos, assis, sur le lit, la chaise, lié à la feuille, à la machine, aux mots de l’autre, aux grands écrivains du passé ; on écrit dans l’histoire de la littérature, en mémoire de quelque chose, de quelqu’un ; en répétant pour atteindre sa différence ; mais c’est aussi par identification que l’on joue au basket, Jordan, dont le nom est écrit partout…
On aurait ainsi dans le film, deux mondes, le monde des interactions, et celui de l’expression spirituelle ; le monde des corps, et le monde de l’écriture.
Le sport appartient au corps, et en tant que tel, dans un monde qui vit de la division et de la hiérarchie, il est dominé, réservé aux dominés. Le basket, c’est pour les « Noirs ». Jamal aime le basket, mais son amour ne peut atteindre à sa vérité que libre, c’est-à-dire affranchi de ses conditions sociales, de ses causes économiques, politiques ; en ratant les deux paniers, il signifie son refus d’être cantonné dans le monde des corps, d’être enfermé dans un amour de « classe », de milieu, de « race » ; il refuse d’assumer son destin social ; rater les deux paniers, c’est un choix spirituel, et politique ; un choix d’existence, une résistance ; l’être n’est pas l’effet d’un contexte ; le génie littéraire, mais aussi sportif de Jamal ne s’explique pas, ne se dérive pas ; il n’a pas de « raison suffisante », comme ne dirait pas Leibniz.
Je crois que Poe a repris cette théorie de la « raison suffisante », pour expliquer sa conception de l’écriture, rien ne doit être laissé au hasard, écrire c’est calculer les effets, donner une raison à chaque effet, à la construction.
Penser aux causes dans « Elephant ».
Le Basket revient à la fin sur le mode du jeu libre, et du retour à soi, aux siens.
Toujours chez GVS, cette terrible peur de la trahison de l’origine, cette impossibilité à réussir sans déchirement, sans mauvaise conscience.
Cette coupure des deux univers, matière, action, réaction des corps, et immatérialité de l’âme, et de la création littéraire, n’est pas si simple, tout le film au fond ne fait que la compliquer, l’artiste est aussi un passionné de sport ; et, le progrès de écriture se fait dans un passage de la feuille, à la machine à écrire ; la musique de la machine à écrire est ici essentielle ; l’écriture est d’abord une affaire de rythme, une affaire de doigts, de contact entre le corps, la main et les touches, un flux, un jet premier où la conscience, le calcul n’interviennent pas (école Kerouac, et « beat generation ») ; il faut écrire, juste écrire ; le rythme de la machine, la musique du ballon de basket, mais aussi le « rapping » qui ouvre le film : la création est une affaire de rythme ; frapper fort sur la machine, sans s’arrêter, laisser venir les mots, de la musique…et de cette musique ensuite faire un texte, la conscience vient après coup ; au début est le rythme.
J’IMPROVISE (mais je crois que ça peut se défendre, et que ça tient).
Autres points communs entre Salinger, son œuvre, et Forrester.
-Le mépris de Forrester pour les profs, l’enseignement, les critiques…
-A la fin du film, Jamal demande à Forrester en plaisantant s’il va rentrer en Irlande ; allusion possible aux origines irlandaises de Salinger.
-La rupture introduite par la guerre dans une relation familiale idyllique.
- Le jeux à la télé : les enfants Glass, l’autre famille créée par Salinger, furent tous des champions de jeux radio.
-Le thème du génie, du gosse surdoué.
-Le thème traumatique du frère mort, présent dans les tous les grands récits de Salinger.
- Le retour de la guerre qui brise une vie familiale idéalisée ; au début de « The Catcher », Holden parle de DB, à son retour de la guerre, avant sa prostitution à Hollywood, enfermé dans sa chambre, ne parlant plus ; Salinger a fait la guerre, en est revenu assez perturbé, il raconte çà dans une de ses nouvelle ; entre les nazis et les américains, y avait pas de grandes différences, autant de salauds des deux côtés.
-L’importance du base-ball, dans les livres de Salinger ; et une certaine perception poético- esthétique du sport.
(On pourrait mettre en parallèle le ballon de Jamal et le skate d’Alex ; Alex ne se sépare jamais de son Skate, Jamal de son ballon ; les deux films se terminent d’ailleurs sur des jeunes jouant, dans un rapport harmonique, idyllique, de suspension du monde ; moment de grâce, sans monde, pure affinité des corps et des âmes ; en passant, cela fait penser à la partie de bille dans « Seymour », de Salinger)
Mais tout cela au fond est une question de senti ; plus que de rapports externes.
Bonsoir Borges !
Merci de nous faire partager toutes ces choses écrites avec le coeur qui te viennent à l'esprit après avoir découvert ce film. J'avais fait exprès de ne pas révéler dans mes textes, surtout dans le premier, la suite de la scène du match de basket, c'est à dire la belle sortie de Forrester en vélo, libre dans la nuit.
"Dans le film, ce n’est pas simple non plus ; il y a le traumatisme de la mort du frère ; mais est-ce suffisant ?"
Non, bien sûr que non. Il est sûr que les causes de l'arrêt dans la "carrière" d'écrivain de Forrester sont loin d'être évidentes. C'est ce qui fait, très souvent, la richesse des personnages de GVS. Ils se révèlent à nous mais n'en gardent pas moins une certaine "opacité".
Ce qui reste après le film : "Jamal"/"Forrester", un prénom et un nom, c'est important, non ?
La machine à écrire, je pense là à celle de "Shining" à propos de laquelle tu as déjà beaucoup écrit ailleurs. Beat Generation, aussi..en "panne". Kubrick tapait ses synopsis à la machine, je crois, j'avais lu quelque chose là-dessus une fois je crois, sur sa façon d'écrire ses scénarios.
Hello JM
Comment que ça va?
Toujours pas décidé à revenir "chez toi"?
Quelques remarques.
-Oui, « Jamal Forrester », même si cette association tend à faire de l’un le père de l’autre, alors que la relation est plutôt de l’ordre de l’amitié (chacun donnant naissance à l’autre), du moins c’est ainsi qu’elle s’achève ; à la fin du film, l’association des deux sur la première page du texte final de Forrrester : « Sunset » ; le titre du bouquin servant de « carton » au crépuscule où se déroule la "partie" de Basket… alors que la « caméra-regard du spectre » sort par la fenêtre…continuant à regarder les gosses…les spectres c’est alors nous, le regard de l’absent…
Le cinéma,présence à un monde dont nous sommes absents, une époché ; cf. Stanley Cavell.
-Référence à Salinger, on disait ; mais aussi à Malick, autre grand reclus ; deux indices, l’amour des oiseaux, et surtout, si je ne me trompe pas, je n’ai pas vérifié, la présence d’un morceau de musique utilisé par Malick dans « la balade sauvage » ; ce morceau revient dans le film de GVS, au moins deux fois, par exemple lors de la sortie à vélo de Forrester.
- Si lors la séquence de la pluie, on ne voit pas les flics dans leur bagnole, on en voit par contre un dans le public pendant la rencontre de Basket, où Jamal décide de son avenir en refusant le destin de basketteur, le flic, très significativement, est à côté du prof ennemi de Jamal.
-On pourrait confronter la question du point de vue lors de la partie de Basket, avec le regard-âme de Forrester, et les points de vues lors de la lecture du texte de Jamal; la composition du public naturellement est très différente; ici le point de vue des absents, des âmes, est rendu sensible, par l’évocation des morts, les proches, mais aussi par les portraits des grands écrivains; deux familles, famille par l’esprit, famille par le corps, et entre les deux peut-être l’amitié ; sans doute, Forrester est le seul vivant parmi tous ces portraits (comme Jamal est le seul « Noir » au milieu de la grande bourgeoisie blanche) ; métaphore de sa situation au monde avant la venue de Jamal, mais aussi annonce de sa disparition proche ; on écrit dans les traces des autres ; le texte, à la fois, passé, ce qui fut, et possibilité d’un avenir…
-J’avais parlé du principe de raison suffisante leibnizien qui veut qu’à toute chose une cause puisse être donnée ; ce principe est explicitement remise en cause par Forrester lors de son explication avec Jamal ; je ne sais pas si tu te souviens.
-« FF » est je crois le seul film de GVS où la télé joue un rôle positif ; je crois l’avoir déjà fait remarquer.
-L’ ado qui essuie les moqueries, on pense naturellement à « Elephant ».
-La fille attirée par Jamal semble disparaître au profit de Coleridge à la fin du film ; on est assez proche de PP, qui mettait aussi en scène une manière de défi, entre potes, mais l’initiation tourne à la catastrophe ; Jamal dans sa fuite oublie son sac dans l’appart de Forrester ; sa mère le voyant sans, lui demande ce qu’il en a fait ; même chose dans PP, si je trompe pas, avec le skate. Bonne rencontre et mauvaise rencontre.
“Reviewers are usually people who would have been poets, historians, biographers, etc., if they could: they have tried their talents at one or the other, and have failed; therefore they turn critics.”
(Coleridge, le poète ; pas sympa, et banal, mais dans l’esprit de Forrester, et de Salinger, ennemis des profs, et des critiques...)
ReHello,
Je relisais mon commentaire avant de le publier; par fausse manœuvre, je l’ai publié ; tu corrigeras les fautes.
Bonsoir Borges,
Je vais... rentrant chez moi, entrant en moi.
En évoquant le prénom Jamal et le nom Forrester, je pensais moins à un rapport père/fils qu'a l'importance du "nom" en littérature, celui qui se cherche et "n'a pas" encore de nom et celui qui en "a" déjà un, il y a l'autographe pour la copine, la remarque par rapport aux livres de la bibliothèques et tout ça... Jamal Forrester, de ce point de vue là, c'est troublant, est-ce vraiment l'horizon de Jamal à la fin du film ? Il faut croire que non.
"-J’avais parlé du principe de raison suffisante leibnizien qui veut qu’à toute chose une cause puisse être donnée ; ce principe est explicitement remise en cause par Forrester lors de son explication avec Jamal ; je ne sais pas si tu te souviens."
Non, je ne me souviens pas précisement de ce dialogue ?
"-L’ ado qui essuie les moqueries, on pense naturellement à « Elephant »."
Oui, il y a aussi la référence aux joutes verbales, à la culture des "dirty dozens". Je suis incapable de dire dans quel mesure GVS envisage ce personnage, il est simplement visible que le jeune homme retient plus particulièrement son attention dans le groupe de copains de Jamal.
Je ne vois guère de choses à rectifier, juste Coleridge n'est pas le nom du prof dans ton avant-dernier paragraphe, c'est Crawford.
A plus tard.
salut JM
tu as tiré le meilleur de ce film un peu ennuyeux quand même comparé à la quasi perfection des autres réalisations du maître.
Salut Jean-Luc,
Je suis allé voir ce que tu en as écrit dernièrement sur ton site (merci pour les liens au passage), tu parviens bien à cacher ton enthousiasme ! ;-)
Il y a une question (côté spectateur) qui revient fréquemment devant les films de GVS, c'est "Pourquoi?", aussi bien à la fin de "Gerry" que d'"Elephant", par exemple. L'absence de réponse explicite ou plutôt devrait-on dire "assommante", ouvre l'espace de la question.
Allez à plus
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