Absence de mère
Ce texte fait suite à cet article.
"Oseam" est un dessin animé coréen de Sunc Baek-Yeop. Ici l'enfant ne tue pas le père mais cherche à retrouver sa mère perdue (de père, d'ailleurs, il n'y a point). Soit pendant une heure vingt à peu près, un gamin casse-bonbon passe son temps à brailler "MAMAAAAAN !!". Voilà, et sinon c'est joli, il y a des arbres en fleurs et des paysages enneigés. A la fin c'est triste, le gosse meurt, mais pas avant d'avoir identifié sa mère comme étant la "Déesse de la Compassion" : de la possible origine de l'absence de père.
Nul comme un Kim Ki-Duk : "Printemps, été, automne, hiver… et printemps". Je n'y connais pas grand chose en matière de religion bouddhiste mais dans ce film de KKD et dans ce dessin animé j'ai le sentiment de comprendre cette religion avec ce que je sais du christianisme tandis que j'ai tendance à penser que les deux religions ont plus de différences que de points en commun. Il me semble, par ailleurs, que les deux jouent pareillement de leur beauté formelle et leur folklore, pour faire passer un discours catéchiste d'une "pieuserie" incroyable.
Revu l'autre soir en DVD "Mon Voisin Totoro". Cela fait beaucoup de bien après "Oseam". Même si la mère est, là aussi, absente, Hayao Miyazaki a l'intelligence de ne pas transformer son film en une longue plainte pleurnicharde des enfants sur l'absence de celle-ci. Miyazaki s'intéresse d'abord à l'enchantement du monde s'originant dans l'imagination de Satsuki et Mei même si la mère, la "maternité", est, probablement, de manière assez subtile, au centre de la rêverie des deux enfants. JM






