Absence de mère
Ce texte fait suite à cet article.
"Oseam" est un dessin animé coréen de Sunc Baek-Yeop. Ici l'enfant ne tue pas le père mais cherche à retrouver sa mère perdue (de père, d'ailleurs, il n'y a point). Soit pendant une heure vingt à peu près, un gamin casse-bonbon passe son temps à brailler "MAMAAAAAN !!". Voilà, et sinon c'est joli, il y a des arbres en fleurs et des paysages enneigés. A la fin c'est triste, le gosse meurt, mais pas avant d'avoir identifié sa mère comme étant la "Déesse de la Compassion" : de la possible origine de l'absence de père.
Nul comme un Kim Ki-Duk : "Printemps, été, automne, hiver… et printemps". Je n'y connais pas grand chose en matière de religion bouddhiste mais dans ce film de KKD et dans ce dessin animé j'ai le sentiment de comprendre cette religion avec ce que je sais du christianisme tandis que j'ai tendance à penser que les deux religions ont plus de différences que de points en commun. Il me semble, par ailleurs, que les deux jouent pareillement de leur beauté formelle et leur folklore, pour faire passer un discours catéchiste d'une "pieuserie" incroyable.
Revu l'autre soir en DVD "Mon Voisin Totoro". Cela fait beaucoup de bien après "Oseam". Même si la mère est, là aussi, absente, Hayao Miyazaki a l'intelligence de ne pas transformer son film en une longue plainte pleurnicharde des enfants sur l'absence de celle-ci. Miyazaki s'intéresse d'abord à l'enchantement du monde s'originant dans l'imagination de Satsuki et Mei même si la mère, la "maternité", est, probablement, de manière assez subtile, au centre de la rêverie des deux enfants. JM
6 commentaires:
Ouaiiiiiis ça y est j'ai un commentaire !!!
non je déconne
hello JM,
Et si on finissait l'année par un petit top 10 ?
A bientôt
Hello jll,
Oui, oui ça se fera, comme chaque année. Mais plutôt début janvier, j'ai encore quelques films à voir avant la fin de l'année !
A la prochaine.
JM
Juste pour te dire, JM, que le lien au début sur "article" ne fonctionne pas.
A+
Salut Eyquem,
Je vais éditer le lien. Merci pour ta vigilance.
A bientôt.
Jm
Un petit ajout, la fin d'"Alice Au Pays Des Merveilles" qui m'est revenue en voyant "Mon Voisin Totoro" :
Mais sa sœur resta assise sans bouger à l’endroit où sa cadette l’avait laissée, la tête appuyée sur une main, regardant le soleil se coucher, songeant à Alice et à ses merveilleuses Aventures, jusqu’à ce qu’elle aussi se mît à rêver tout éveillée. Et voici quel fut son rêve :
D’abord elle rêva de la petite Alice. De nouveau les petites mains furent croisées sur ses genoux, les yeux avides et brillants furent fixés sur les siens ; elle crut entendre le timbre même de sa voix, elle crut voir le petit mouvement de sa tête rejetée en arrière pour écarter les cheveux qui avaient la fâcheuse habitude de lui tomber sur les yeux ; et, tandis qu’elle écoutait, ou croyait écouter, il lui sembla voir s’agiter autour d’elle les créatures bizarres du rêve de sa petite sœur.
Les longues herbes se mirent à bruire à ses pieds tandis que le Lapin Blanc passait en hâte… La Souris effrayée traversa la mare voisine avec un léger clapotis… Elle entendit le bruit des tasses à thé du Lièvre de Mars et de ses amis, éternellement attablés devant leur éternel goûter, et la voix aiguë de la Reine ordonnant l’exécution de ses malheureux invités… Une fois encore le bébé-cochon éternua sur les genoux de la Duchesse, tandis que plats et assiettes s’écrasaient autour de lui… Une fois encore le cri du Griffon, le grincement du crayon sur l’ardoise du Lézard, les faibles soupirs des cochons d’Inde étouffés, remplirent l’espace, mêlés aux sanglots lointains de l’infortunée Simili-Tortue.
Elle resta ainsi, les yeux fermés, croyant presque être au Pays des Merveilles, tout en sachant fort bien qu’il lui suffirait de les rouvrir pour retrouver la terne réalité. L’herbe ne bruirait plus qu’au souffle du vent, et, seul, le balancement des tiges des roseaux ferait naître des rides à la surface de la mare… Le tintement des tasses à thé deviendrait le tintement des clochettes des moutons, les cris aigus de la Reine ne seraient plus que la voix du petit berger… Les éternuements du bébé, les cris du Griffon et tous les autres bruits étranges, se transformeraient (elle ne le savait que trop) en la rumeur confuse qui montait de la basse-cour, tandis que les meuglements lointains du bétail remplaceraient les lourds sanglots de la Simili-Tortue.
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