Iran virtuel
Étrange constat : A une époque où plane, de plus en plus menaçante au dessus de l'Iran, une, ou plutôt des menaces d'attaques nucléaires, les équipes d'animation 3D ou numériques occidentales s'appliquent en studio à faire renaître l'image des trésors architecturaux de la civilisation Perse Antique. Du film d'animation ("Azur et Asmar") au jeux vidéo ("Prince Of Persia"), une même imagerie somptueuse réveille, rappelle, les splendeurs d'antan alors même que le pays est menacé par des destructions massives de son territoire, et donc de son patrimoine.


"Prince Of Persia" n'est pas un jeu récent. Il existait déjà il y a une quinzaine d'années sur les consoles de l'époque. Chaque année voit arriver dans les rayons son nouvel opus, toujours évidemment plus beau graphiquement, à la mesure de ce que permettent les évolutions techniques du moment. La technologie fournit ainsi un paradoxe tout à fait révoltant : plus les joyaux renaissent virtuellement sompteux, plus grande semble la menace de destruction de la culture iranienne par une arme nucléaire dont les iraniens réclament la technologie de fabrication ainsi que le droit de fabrication aux puissances occidentales. Une grande partie de l'occident semble répondre, et il répond, par le truchement de sa production dans l'industrie du jeu, du spectacle : "Non, et si vous désobéissez, nous pouvons vous détruire avec l'arme que vous voulez posséder, ainsi que reconstruire virtuellement votre patrimoine." JM
PS : J'apprends, en même temps que j'écris ce petit texte, la tenue actuelle d'une exposition intitulée "Le Chant du Monde : L'Art de l'Iran Safavide, 1501-1736" au musée du Louvre.
Photos : "Prince Of Persia" (1989), "Prince Of Persia" (2007).
Étrange constat : A une époque où plane, de plus en plus menaçante au dessus de l'Iran, une, ou plutôt des menaces d'attaques nucléaires, les équipes d'animation 3D ou numériques occidentales s'appliquent en studio à faire renaître l'image des trésors architecturaux de la civilisation Perse Antique. Du film d'animation ("Azur et Asmar") au jeux vidéo ("Prince Of Persia"), une même imagerie somptueuse réveille, rappelle, les splendeurs d'antan alors même que le pays est menacé par des destructions massives de son territoire, et donc de son patrimoine.

"Prince Of Persia" n'est pas un jeu récent. Il existait déjà il y a une quinzaine d'années sur les consoles de l'époque. Chaque année voit arriver dans les rayons son nouvel opus, toujours évidemment plus beau graphiquement, à la mesure de ce que permettent les évolutions techniques du moment. La technologie fournit ainsi un paradoxe tout à fait révoltant : plus les joyaux renaissent virtuellement sompteux, plus grande semble la menace de destruction de la culture iranienne par une arme nucléaire dont les iraniens réclament la technologie de fabrication ainsi que le droit de fabrication aux puissances occidentales. Une grande partie de l'occident semble répondre, et il répond, par le truchement de sa production dans l'industrie du jeu, du spectacle : "Non, et si vous désobéissez, nous pouvons vous détruire avec l'arme que vous voulez posséder, ainsi que reconstruire virtuellement votre patrimoine." JM
PS : J'apprends, en même temps que j'écris ce petit texte, la tenue actuelle d'une exposition intitulée "Le Chant du Monde : L'Art de l'Iran Safavide, 1501-1736" au musée du Louvre.
Photos : "Prince Of Persia" (1989), "Prince Of Persia" (2007).
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