Voici quelques notes provenant d’un stage avec Jean Douchet à l'Institut Lumière de Lyon. Douchet, en s'appuyant sur les questions du public laisse aller sa pensée sur le film et l'exprime en direct. J'ai essayé dans la mesure du possible de composer par thèmes ses remarques.
"Our Hospitality", Buster Keaton & John G. Blystone, 1923, USA.
Keaton quitte le format court pour le long métrage. C'est son premier long métrage.
Le film n'est pas de lui, le cinéaste respecte les conventions scénaristiques (début d'un ennui mortel !) et la mise en scène est assez balourde. Film intéressant pour sa succession d'inventions mais c'est aussi sa limite (pas vraiment de liaison entre les gags). Ca n'est pas l'oeuvre d'un véritable Auteur. La cascade de la chute d'eau est un grand moment (il risque réellement sa vie).
Dans ses courts métrages il y a des moments magnifiques supérieurs à ce film. Le film n'a pas la splendeur de certains films qui vont suivre.
Keaton est encore employé, il ne s'est pas encore imposé. Il reprendra certains de ses gags dans "Le Mécano De La Générale", celui des wagons qui se détachent, entre autre. Toute la partie "physique" du film est de lui. La gageure, c'est de chercher des gags. Keaton, comme Chaplin, acceptent cette gageure mais se piquent d'inventer leurs gags.
Le chemin de fer renvoie au mythe américain (fondation de leur nation). C'est un des supports du Western. Keaton utilise le chemin de fer sur l'idée de 1850 ! Ça n'est pas crédible. La notion de "vendetta" est un apport étranger (ça ne correspond pas à l'Amérique), c'est juste un prétexte pour développer des gags.
Une faiblesse du film : ça n'est pas du réel (ça ne se passe pas en 23), c'est totalement artificiel. Le personnage de Keaton "au bord de" est là mais pas encore là.
Il lui faut prouver qu'il n'est pas l'apparence qu'il porte, c'est un véritable auteur : "Je peux triompher de moi-même et de la faiblesse infime que m'a donné la nature". Il lutte contre la tragédie par l'intelligence. Destin écrasant passé au mode comique. L'être humain est d'une faiblesse insigne et c'est son intelligence qui le sauve ! Il "s'adapte". Cela passe par un détournement des objets pour imposer un nouvel ordre des choses. C'est l'expression même de l'inventivité. Il parait rigide, on croit qu'il ne peut pas inventer : et pourtant si !
Pensée philosophique chez Keaton : réaction de la pensée du monde. Chez Keaton, intelligence égal imaginaire. Il y a de l'imaginaire et de l'imagination. C'est jamais rationaliste : c'est fou, c'est un saut dans l'absurde. Il travaille l'absurde. De ce point de vue, Tex Avery est un descendant de Keaton. Dans la comédie on va souvent chercher le public dans la bêtise ou la vulgarité : chez Keaton, non ! Morale de Keaton : rire vers le haut, ça n'est pas le rire du pétomane. L'idée de sexe est plus présente chez Chaplin que chez Keaton (quoique !).
Chez Chaplin, c'est toujours la même musique tandis que chez Keaton il n'y a pas de musique originelle. Les musiques du films sont d'aujourd'hui, celles de ce film sont vraiment pas terribles.
"Our Hospitality", Buster Keaton & John G. Blystone, 1923, USA.
Keaton quitte le format court pour le long métrage. C'est son premier long métrage.Le film n'est pas de lui, le cinéaste respecte les conventions scénaristiques (début d'un ennui mortel !) et la mise en scène est assez balourde. Film intéressant pour sa succession d'inventions mais c'est aussi sa limite (pas vraiment de liaison entre les gags). Ca n'est pas l'oeuvre d'un véritable Auteur. La cascade de la chute d'eau est un grand moment (il risque réellement sa vie).
Dans ses courts métrages il y a des moments magnifiques supérieurs à ce film. Le film n'a pas la splendeur de certains films qui vont suivre.
Keaton est encore employé, il ne s'est pas encore imposé. Il reprendra certains de ses gags dans "Le Mécano De La Générale", celui des wagons qui se détachent, entre autre. Toute la partie "physique" du film est de lui. La gageure, c'est de chercher des gags. Keaton, comme Chaplin, acceptent cette gageure mais se piquent d'inventer leurs gags.
Le chemin de fer renvoie au mythe américain (fondation de leur nation). C'est un des supports du Western. Keaton utilise le chemin de fer sur l'idée de 1850 ! Ça n'est pas crédible. La notion de "vendetta" est un apport étranger (ça ne correspond pas à l'Amérique), c'est juste un prétexte pour développer des gags.
Une faiblesse du film : ça n'est pas du réel (ça ne se passe pas en 23), c'est totalement artificiel. Le personnage de Keaton "au bord de" est là mais pas encore là.
Il lui faut prouver qu'il n'est pas l'apparence qu'il porte, c'est un véritable auteur : "Je peux triompher de moi-même et de la faiblesse infime que m'a donné la nature". Il lutte contre la tragédie par l'intelligence. Destin écrasant passé au mode comique. L'être humain est d'une faiblesse insigne et c'est son intelligence qui le sauve ! Il "s'adapte". Cela passe par un détournement des objets pour imposer un nouvel ordre des choses. C'est l'expression même de l'inventivité. Il parait rigide, on croit qu'il ne peut pas inventer : et pourtant si !
Pensée philosophique chez Keaton : réaction de la pensée du monde. Chez Keaton, intelligence égal imaginaire. Il y a de l'imaginaire et de l'imagination. C'est jamais rationaliste : c'est fou, c'est un saut dans l'absurde. Il travaille l'absurde. De ce point de vue, Tex Avery est un descendant de Keaton. Dans la comédie on va souvent chercher le public dans la bêtise ou la vulgarité : chez Keaton, non ! Morale de Keaton : rire vers le haut, ça n'est pas le rire du pétomane. L'idée de sexe est plus présente chez Chaplin que chez Keaton (quoique !).
Chez Chaplin, c'est toujours la même musique tandis que chez Keaton il n'y a pas de musique originelle. Les musiques du films sont d'aujourd'hui, celles de ce film sont vraiment pas terribles.
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