vendredi, septembre 28, 2007

Suite des notes concernant la ressortie des films de Nagisa Oshima en salle :

"Les Plaisirs De La Chair", N. Oshima (1965)

Film psychanalytique dans lequel rêve et réalité sont savamment mélangés afin de déstabiliser totalement le spectateur concernant la nature, l'"origine" des images, qui se présentent à lui sur l'écran. Le film est d'une force formelle saisissante, j'ai pensé, bien sûr, au Buñuel de "Belle De Jour" dans cette maîtrise du basculement ambigu rêve-réalité au montage. Le film de Oshima, commence comme un film de Hitch : "L'Inconnu Du Nord Express". Il décrit, par la suite, la perversion d'un homme assouvissant sa pulsion sexuelle pour une femme inatteignable (car mariée) dans les bras de filles de passage ("objets"). Comme toujours chez Oshima, l'argent et la mort sont au centre du film.

La conclusion politique du film (violente ironie du sort finale) c'est que l'argent, contrairement aux apparences, n'abolie pas la frustration qui naît de la pulsion : il permet uniquement d'atteindre provisoirement l'objet de la pulsion mais ne peut la résorber définitivement et donc ramène toujours, périodiquement, à la frustration. Oshima nous dit, je crois, que seule la mort permet d'échapper à cette spirale psychique. C'est pourquoi utiliser les liasses de fric de la valise est synonyme pour Wakizaka de mort certaine au bout du compte. Wakizaka sait exactement ce qu'il fait, il est autant mu par l'assouvissement éphémère de sa pulsion sexuelle que par la conscience que, dans un an, tout sera enfin terminé (pulsion de mort). JM