dimanche, juillet 02, 2006

Où un masseur aveugle qui écoute, assis, la pluie tomber, visualise intérieurement un ancien combat sous les gouttes.






Zatoichi, Takeshi Kitano, 2003
A ce moment là du film, le spectateur a affaire à un Zatoichi aveugle, il agit en aveugle en tout cas, comme dans tout le film. Admiration devant l'abstraction du trait du décors qui l'entoure. Il y a la pluie qu'il peut sentir sur son visage, la pierre partout autour, celle qu'il peut sentir sous ses pieds, et derrière lui tous ces hommes indifférenciés, tous habillés de la même façon, qu'il vient d'occire "à l'oreille" et qui gisent sur le sol dans une mare de rouge. La séquence, encadrée par Zatoichi (filmé avant du dehors - caméra déjà dans la pluie - et après du dedans) qui écoute la pluie tomber, ne laisse que peu de doute quant à la teneur mentale des images.

Pourquoi la caméra est-elle déjà dans la pluie ?

Parce qu'"elle" (Takeshi Kitano) anticipe brillamment sur le mouvement de pensée de Zatoichi (Beat Takeshi) qui écoute la pluie de l'intérieur de la maison et dont l'esprit va basculer soudainement vers l'extérieur, vers ce souvenir de bataille que lui remémore le bruit présent des gouttes qui tombent. Une fois le flash passé, la caméra peut rejoindre l'intérieur du logis, Zatoichi "rejoint en pensée" les personnes présentes dans la pièce où il se trouve. JM