J’ai reçu "C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé", le nouveau film de Michel Piccoli, comme une fable bouleversante et drôle dont la "moralité" nous est chantée au cours du film par Arno. Bouleversante parce qu’elle (nous) parle de la vieillesse, drôle parce qu’elle le fait avec l’allégresse et l’irrévérence de la jeunesse.vendredi, décembre 16, 2005
J’ai reçu "C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé", le nouveau film de Michel Piccoli, comme une fable bouleversante et drôle dont la "moralité" nous est chantée au cours du film par Arno. Bouleversante parce qu’elle (nous) parle de la vieillesse, drôle parce qu’elle le fait avec l’allégresse et l’irrévérence de la jeunesse.mercredi, décembre 14, 2005
Lorsqu'il est présenté à Paris, le film est considéré comme l'aboutissement du réalisateur. Grand degré d'exactitude dans ce qu'il voulait faire et dire. Oeuvre testamentaire. On retrouve les mêmes thèmes dans les films précédents de Dreyer. Le film n'a pas marché, echec.
C'est un film qui n'est pas innocent. Début de l'idée de libération de la femme, Gertrud cherche son indépendance. Le fondement à partir de Charcot de la psychanalyse est évoqué. Gertrud personnage occidental révolté (Antigone : "celle qui dit non"). Gertrud est dans le rectiligne et elle cherche à y échapper. Le film parle aussi du pouvoir de l'argent (hommes tributaires de l'argent). Les personnages ne sont pas aimables.
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12/14/2005 03:45:00 PM
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Réalisateurs : Dreyer Carl Theodor
Seul film qui parvient à faire croire au miracle (il y a aussi "Sous Le Soleil De Satan" de Pialat mais moins bien). Autre miracle : réussir à réaliser cette fameuse scène finale. Fin sublime qui confine à l’insupportable ! C’est l’enfant qui provoque le miracle, c’est la foi la plus simple (cf L’Evangile). La lumière sur l’enfant à la fin, on sort de l’ombre par la lumière (de l’âme). Le cinéma aussi est un miracle (si tu n’as pas pleuré, tu ne crois pas au cinéma !). Le spectateur veut le miracle, il l’aura ! Happy-end à la danoise, pas à la Hollywood. Les grands réalisateurs sont ceux qui osent.
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12/14/2005 02:54:00 PM
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Réalisateurs : Dreyer Carl Theodor
mardi, décembre 13, 2005
Voici quelques notes provenant d’un stage avec Jean Douchet à l'Institut Lumière de Lyon en Mars dernier. Douchet, en s'appuyant sur les questions du public laisse aller sa pensée sur le film et l'exprime en direct. J'ai essayé dans la mesure du possible de composer par thèmes ses remarques.
"Vampyr", Carl T. Dreyer, 1932, France
Pour J. Douchet, peut-être le plus grand film de Dreyer.
Onirisme du son, mélopée. (chant sonore + construction visuelle)
Fait penser au surréalisme de la fin des années 20 en France.
Dans « Vampyr », rapport avec Buñuel (points communs avec "L’Age D’Or" et "Le Chien Andalou").
Rendu limite de la photographie (brumeux, étrange). Photo : "grisaille claire". Dessin d’une extrême précision (le flou n’est pas flou), la surimpression fait partie du réel. Représentation réaliste des objets. Toute chose est abstraite donc concrète ! La quintessence du réel par la caméra engendre l’abstraction (abstraction : nécessité de la pensée).
Hypnose du spectateur par les mouvements de caméra (Dreyer évite les plans fixes). Chez Murnau par contre la caméra-personnage appartient à la dramaturgie (cf "Le Dernier Des Hommes", 1924). Mouvements de caméra intéressants (maîtrise totale du panoramique, remarquable pour l’époque).
Dreyer quitte le style cause/effet d’un Fritz Lang par exemple. Il explore le mental et la peur, qu’est ce que la peur ? C’est la perte du repère spatial ! On se perd dans le film, on ne peut pas s’intégrer.
Arrivée dans la chambre d’hôtel :
1. plafond bas, papier peint hypnotique qui donne un sentiment abstrait de peur.
2. ombre qui tire sur le père du plafond qui casse la logique, disparition des repères.
Leone filmée en plan général, bas cadre, donne la même impression.
Espace étrange, ce qui est dans l’espace (objets) étrange.
Les repères basculent sans cesse.
Scène incroyable : le héros se rêve mort, il se dédouble et se voit mort !
Vampires impliquent homosexualité (toutefois désir de J. Douchet de ne pas trop s’éterniser dans cette voie-là).
Scène de ligotage : sadisme (cf "La Passion De Jeanne D’Arc"). Les lignes sont belles (nœuds, etc). Mais qui est ligoté ? C’est le spectateur évidemment !
Dreyer est d’origine suédoise, élevé chez des danois. Il a été abandonné par sa mère, il reste profondément marqué par cet événement. C’est une personne très impressive. Souvent dans ses films les mères ne sont pas "gentilles" (dans celui-ci c’est un vampire !). "Vampyr" est construit comme le récit que pourrait faire une mère à son enfant. Les passages du livre du vampire sont imposés par le genre. Il s’agit aussi pour Dreyer d’échapper à la mère en passant par l’écrit (importance de l’écriture chez Dreyer). Quoiqu’il en soit, le film est dominé par la Femme !
Orientation spirituelle de Dreyer : Lutherisme (anti-religieux/impossibilité d’échapper à la spiritualité).
Il ne faudrait pas vraiment voir dans le film de symbolique religieuse. On est pourtant dans une errance entre deux rives. Dreyer n’aime pas beaucoup la symbolique. Le méchant est puni dans le blanc par exemple. L’objet est précis, il pourrait devenir symbolique mais non. Les roues tournent : perte du temps mais aussi et surtout beauté plastique des roues qui tournent. Film de vampire sans les dents, on les devine seulement (scène avec Leone). Toutefois, squelette avec faux : symbole de la mort picturale (peinture XVIIème).
Merveilleux : XVIIème et XVIIIème. L’Homme a conquis la machine : elle est merveilleuse. (Cf Cocteau)
Le fantastique porte généralement les angoisses réelles de la société mais ici ça n’est pas un fantastique de société. Dreyer allie le merveilleux et le fantastique.
Le ton du film est unique ("Vampyr" ne doit rien au "Nosferatu" de Murnau par exemple).
C’est même plus de l’étrangeté que du fantastique. "Nosferatu", lui, est fantastique.
On a le vampire et son instrument : le médecin.
Construction plastique énorme. Double dramaturgie Théâtre/Plastique. Pays germaniques en avance sur la représentation théâtrale (suggérer la chose). Direction d’acteurs d’une grande précision.
Plan final qui se superpose au premier plan du film.
Le personnage principal est joué par la personne qui a produit le film. "Vampyr" est un film qui n’a pas coûté cher. Le parlant coûte trop cher au Danemark d’où dix ans avant le prochain film !
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12/13/2005 09:40:00 AM
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Réalisateurs : Dreyer Carl Theodor
vendredi, décembre 09, 2005
Premier plan : long travelling arrière partant d’un point particulier (A) d’une sculpture sur fond noir pour atteindre la vue globale de celle-ci (point B). De A à B Matthew Barney apprivoise notre regard de spectateur par l’utilisation du travelling (arrière).Supposons cette même sculpture exposée dans un cadre différent, tel que le spectateur qui la regarde n’ait aucun point premier (A) d’encrage du regard (au milieu d’une salle d’exposition par exemple). Nécessairement l’œil va renvoyer dans un premier temps la forme globale de l’objet avant d’en explorer tel ou tel détail. Et lorsque l’œil du spectateur imprimera du détail, il le fera suivant un mode qui varie quasiment à l’infini. On voit bien ce qu’apporte l’utilisation de la caméra ici, il s’agit de remplacer le cadre global par un cadre plus serré qui focalise le regard du spectateur en un lieu A désiré par l’artiste pour l’amener progressivement en B dans une inversion totale de la perception naturelle commune (on va du détail au général au lieu de passer du global au particulier).
Pourquoi privilégier le point A de l’objet montré ? Matthew Barney répond à la question lorsqu’il reproduit à l’identique, symétriquement, le premier plan en plan final (A’->B’) avec une sculpture aux formes proches de celle du début (dans la suite on fera comme si la sculpture finale était la même mais mieux vaudrait considérer qu’on parle de l’ensemble regroupant les deux sculptures ressemblantes).
C’est qu’entre B et A’, Matthew Barney va raconter une histoire mais surtout manœuvrer des images. Dans cet "entre-deux", zone qu’il semble particulièrement affectionner, l’artiste œuvre dans l’œuvre pour donner du sens à l’objet initial et final filmé et plus particulièrement aux points A et A’ de celui-ci. Délaissant immédiatement et totalement la structure du récit, il se concentre sur la performance formelle de cette région centrale du film. En d’autres termes, peu lui importe semble-t-il que le magma visuel ait du sens du point de vue de son scénario. L’important, c’est (peut-être ?) la recherche de(s) sens à donner à la sculpture visionnée entre A et B puis entre A’ et B’. Les éléments présentés au sein du cadre dans l’ "entre-deux" sont ceux, hors-cadre, qui apparaissent de manière fuguasse (voire symbolique) à la vision de A’ ->B’ et n’étaient pas vraiment perceptibles entre A et B. Matthew Barney a bien construit entre temps, pour le spectateur, un hors-champ mental canalisé par les images montrées dans la période qui s’étend de B à A’ (selle de cheval, abeille-ruche, glacier sont les trois grands thèmes visuels. Dans la sculpture on peut les retrouver dans cet ordre du travelling : alvéoles/glacier/selle/abeille). Le fond noir sur lequel se détache la sculpture, tout en s’appliquant à souligner l’absence de hors-champ matériel fonctionne comme un leurre qui facilite le décalque sur l’objet plastique du hors champ mental translaté de l’expérience visuelle qui réside entre B et A’. Matthew Barney contrôle ainsi, par les moyens propres au cinéma, la lecture de son œuvre (la sculpture qui ouvre et clos le film). Il l’enferme, non dans une pièce de musée, mais dans un film au sein duquel elle représentera un élément parmi un tout qui formulera ses particularités.
Oubliée la projection sur support plastique pour "donner vie" à l’objet ! Matthew Barney croit en la puissance manipulatrice du cinéma sur grand écran et n’hésite pas à y introduire son travail de sculpteur pour donner à voir ce qui fonde celui-ci. (les sculptures présentes au cours de "Cremaster 2" sont à découvrir ici : http://www.cremaster.net/home.htm) JM
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12/09/2005 03:51:00 PM
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Réalisateurs : Barney Matthew
mardi, décembre 06, 2005
Cette fin n'est que l'aboutissement d'un film mal emballé, hyper compartimenté et mal dosé : suspense éventé autour du billet gagnant au début, flashbacks (devenus rituel creux) qui permettent à Burton de nous fourguer vite fait quelques louches d'univers gothique filmées sans grand talent, histoire grossièrement illustrée (le palais en chocolat) contée par les anciens et j'imagine censée susciter notre curiosité sur le mystérieux chocolatier… On assimile vite le principe qui gouverne le scénario et dirige le film en pilote automatique une fois les enfants rentrés dans l'usine. Pas de surprise, une nouvelle pièce visitée=un nouveau gamin maté et en bonus un petit ballet musical dans lequel un nain cloné (cheville ouvrière de l'usine, importé d'une tribu lointaine et rémunéré en fèves de cacao ! – parce qu'ils les aiment bien) distille sur un ton bon enfant mais avec ce qu'il faut de sévérité les quatre péchés capitaux de la jeunesse d'aujourd'hui.
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12/06/2005 02:03:00 PM
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Réalisateurs : Burton Tim

